poésie

les filles de la horde

Je souris comme on rouvre une plaie ou un piège,
Et mon coeur décharné dont tu poursuis le siège,
Momifié de clarté, embaumé de poussière,
Met à jour et ravive le flambeau d'hier.

Mais les lambeaux d'hiver, retombant sous nos pas,
Donnent vie à une ombre, aux haillons du trépas,
Donnent vie comme éclosent, dans le chaos natal,
Un écho d'espérance et la force vitale.

Un matin de douceur à la rosée sereine,
Une brise, en caresses, glissera sur la peine
De l'ombre miséreuse, dénudée, soudain belle,
La crainte évanouie sur une peau nouvelle...

Et les plaintes lointaines, au fond des mers ancrées,
Seront mes chants de guerre en robes échancrées....
Et les doigts de nos fils feront vibrer les cordes,
Les harpes endormies des filles de la horde.

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